Born to be a livre ou le plaisir de recommander les livres que l’on a aimé.

Vous l’avez compris, je fais partie de ces gens qui s’animent dès qu’ils ont l’occasion de parler de littérature et je suis intarissable sur le sujet. Et je dois dire que je suis particulièrement enthousiaste à la publication de cet article car il s’agit d’un de mes préféré depuis que j’ai commencé cette petite aventure Born to be a livre. Les chroniques continuent mais ne ressemblent pas et bien sûr j’en aime certaines plus que d’autres, c’est un des challenges à ne parler que de ses lectures préférées.

Je lis rarement les quatrième de couverture, j’aime ne presque rien savoir d’un livre quand je le découvre et j’ai été plutôt chanceuse sur ces derniers mois, une succession de lectures sensationnelles se sont enchaînées. Je pense que c’est même la première fois que j’ai lu autant de bons livres en si peu de temps. Je peux presque dire que ce Born to be a livre #7, est à mes yeux un grand cru, tant j’ai aimé les romans qui y sont chroniqués.

Du roman historique noir et inattendu au voyage des sens sur le désir, en passant par la simplicité de la vie dans sa forme la plus dépouillée, je continue grâce à la littérature à apprendre encore et toujours, à m’éduquer grâce à des auteurs de grand talent et une littérature diversifiée. Je vous partage donc sans plus attendre mes dernières découvertes, bonne lecture!

Mes derniers coups de coeur

« L’Art de perdre » d’Alice Zeniter

Résumé:

« L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée? Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un «harki». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ? »

Alors?:

Nous sommes ici en présence d’une lecture magistrale. « L’Art de perdre » fait partie à mon sens de la grande littérature et je pèse mes mots, je suis rarement bluffée à ce point… Je ne sais à vrai dire même pas où commencer, tellement j’ai trouvé ce roman percutant, riche et bouleversant. Et en même temps, je ne voudrais pas trop en dévoiler, pour que vous puissiez le découvrir par vous même et vous laisser submerger par tous les sentiments qu’il procure.

Alice Zeniter nous parle de la vie dans la simplicité qui la rend si belle, mais aussi du déchirement de quitter son pays, de perdre ses racines et son identité. Qui n’a jamais eu a laisser derrière lui le pays qui l’a vu naître, est un des plus heureux sans le savoir. Mais Alice Zeniter raconte surtout la colonisation d’un pays par un autre et des ravages immédiats et éloignés, des générations d’êtres qui en seront affectés. Elle nous parle de la honte, celle liée au fait de ne jamais se sentir du bon côté de la barrière, les silences parlent si fort dans « L’art de perdre »…

Les personnages de son roman sont très finement travaillés: leurs destins, leur psychologie, les drames auxquels ils font face et un des plus difficiles, l’exil, m’ont tenu en haleine tout au long du récit, sans jamais vouloir le quitter. Elle a su tisser avec précision et maitrise leurs trames qui s’entremêlent, nous plongeant au coeur d’une famille sur trois générations. La première partie, celle d’Ali, restera ma préférée. Moi qui connaissais peu l’histoire de l’Algérie, j’ai appris grâce à cette lecture, beaucoup de choses que j’ignorais. L’Art de Perdre est une leçon d’histoire mais surtout une leçon d’humanité.

Je me retrouve à nouveau émue en écrivant cette chronique et je ne peux pas évoquer ce roman sans avoir la gorge serrée. C’est pour moi le signe d’un immense livre et je ne peux vous dire qu’une seule chose pour conclure, foncez vous le procurer les yeux fermés.

« Danser au bord de l’abîme » de Grégoire Delacourt

Résumé:

« Moi, je crois au premier regard, maman. Je crois à la première impression. Je crois au langage de la chair. Au langage des yeux. Au vertige. A la foudre. -Ce à quoi tu crois, ma petite fille. Cela aboutit au chagrin. » Il y a les promesses que l’on se fait à vingt ans. Et les rencontres que nous réserve le hasard. Il y a le bonheur que l’on croyait tenir, et celui après lequel on court. Il y a urgence à vivre. »

Alors?:

Lorsque j’ai un coup de coeur pour un auteur, je lis souvent dans la foulée ses autres ouvrages. Parfois avec déception tant mes attentes sont grandes, et parfois la magie opère à nouveau. Ce fut le cas avec « Danser au bord de l’abîme », après un gros coup de coeur pour « On ne voyait que le bonheur ». La plume pleine de grâce de Grégoire Delacourt m’a de nouveau fait basculer moi aussi avec plaisir, au bord de l’abîme.

J’ai lu le roman d’une traite et j’en ai noté au fil des pages dans un petit cahier, de nombreuses citations qui m’ont secouée, parce qu’elles sont déchirantes de beauté. C’est tout ce que j’aime et que je recherche inlassablement en littérature. Grégoire Delacourt a un talent fou pour décrire les sentiments intimes, les espoirs, le désir, les renoncements, nos petits arrangements personnels avec la vie, qu’il écrit avec une justesse déconcertante. Sommes nous tous au final si semblables et désirons nous tous au fond de nous, ce vertige pour nous sentir en vie?

La construction de son roman est ici aussi en trois parties et de nouveau la première et son dénouement inattendu m’a stupéfiée, je ne l’ai pas vu venir. Je devrais peut être d’ailleurs songer à lire toutes les premières parties des romans de Grégoire Delacourt et tenter d’en deviner l’issue. Autre point commun avec son roman précédent, il fait cette fois le parallèle de l’histoire de son héroïne avec « La chèvre de Monsieur Seguin », et c’est lumineux de pertinence. Je redécouvre la subtilité de ce conte avec des yeux d’adulte, et surtout à travers le regard de Grégoire Delacourt.Troublant.

Ma deuxième lecture de cet auteur vous l’avez compris fut un vrai moment d’émotion, et je vous conseille de lui prêter une attention particulière lorsque vous le verrez sur les étagères de votre librairie!

« Un long dimanche de fiançailles » de Sébastien Japrisot

Résumé:

« Janvier 1917. Cinq soldats français condamnés à mort en conseil de guerre, aux bras liés dans le dos. Toute une nuit et tout un jour, ils ont tenté de survivre. Le plus jeune était un Bleuet, il n’avait pas vingt ans. A l’autre bout de la France, Mathilde, vingt ans elle aussi, plus désarmée que quiconque, aimait le Bleuet d’un amour à l’épreuve de tout. La paix venue, elle va se battre pour connaître la vérité et le retrouver, mort ou vivant, dans le labyrinthe où elle l’a perdu. »

Alors?:

Il y a quinze ans, sortait le film « Un long dimanche de fiançailles » sur nos écrans. Je me souviens avoir été emportée par l’histoire de Mathilde et Manech, d’avoir frissonné et versé une larme à plusieurs reprises, la musique d’Angelo Badalamenti n’y étant pas étrangère. Je me souviens aussi avoir eu un coup de coeur pour le scénario et les dialogues, que je trouvais brillants. En en parlant avec une amie, elle m’a conseillé de lire le livre, selon elle plus fort en émotions que le film, et merveilleusement écrit. Je me suis donc laissée tenter. Est il possible d’avoir un coup de coeur pour un livre plus fort que pour un film qu’on a aimé? Oui.

Dès les premières lignes de ce roman épistolaire, je me fais la remarque que si le scénario du film m’avait paru si fort, c’est parce que tout est déjà présent dans le livre. Sébastien Japrisot a une écriture romanesque et imagée, un style poétique et cynique unique. Il pense à mille détails qui rendent sa narration d’autant plus crédible, je suis vraiment admirative de son travail.

Sébastien Japrisot raconte dans « Un long dimanche de fiançailles » la folie humaine, la soif de pouvoir qui mène des hommes à en conduire d’autres sur des charniers. Mais il décrit aussi au sein de cet enfer, l’amour fou, celui qui rend une dignité aux destins sacrifiés de ces hommes et ces femmes qui se sont attendus quelque part, espérant de tout leur être, que ceux qu’ils aimaient soient épargnés.

Bien que connaissant l’issue de l’histoire, j’ai suivi à nouveau l’enquête de Mathilde pour retrouver Manech, avec une passion dévorante. Le parcours de cette jeune femme obstinée au caractère bien trempé, mue par sa seule intime conviction pour retrouver celui qu’elle aime dans une guerre absurde me touche, et je suis émue de la voir au fil des pages, remuer ciel et terre envers et contre tous. C’est cet espoir qui prend aux tripes dans ce roman, et je l’ai refermée à nouveau soufflée par la puissance de ce récit.

Romans

« Appelle moi par ton nom » de André Aciman

Résumé:

« Je ferme les yeux et je suis de nouveau en Italie, il y a tant d’années ; je marche vers l’allée bordée de pins, je le regarde descendre du taxi : ample chemise bleue, col ouvert sur la poitrine, chapeau de paille, toute cette peau nue… Soudain il me serre la main et me demande si mon père est là. »
1983. Pour Elio, c’est l’été de ses 17 ans. Ses parents hébergent Oliver, un jeune universitaire, dans leur villa en Italie. Entre les longs repas, les baignades et les après-midi sous la chaleur écrasante, commence une partie de cache-cache avec cet Américain brillant et séduisant. »

Alors?

Voilà un roman dont j’ai attendu la sortie en poche avec impatience. J’ai même résisté pendant des mois à l’envie de voir le film, pour découvrir l’histoire en en tournant les pages, pour être au plus près de ce que voulais transmettre Andre Aciman. Cette passion qui me consume pour la littérature…

L’Italie, la chaleur de l’été au bord de la mer, l’idée que je me fais de la Dolce Vita… La nostalgie de l’adolescence et des premiers sentiments est un thème que j’aime particulièrement. « Appelle moi par ton nom » est un roman sur les premiers désirs qui confine au voyage des sens par son contexte géographique et culturel, et ce désir transpire à chaque page, érotique. Le soleil brûle les peaux au goût d’eau salée, les corps indolents se reposent au bord de la piscine et se rafraichissent de citronnade avec en fond le chant des cigales. Ces après-midis interminables de canicule dans sa chambre à l’ombre de ses persiennes, rendent fiévreux le désir d’Elio pour Oliver.

Mais Elio ne sait pas quoi faire de ce sentiment tabou qu’il éprouve pour un jeune homme plus âgé que lui. Le réprimer? Y succomber mais ressentir un dégoût de soi? Et surtout que faire de l’amour derrière tout ça? Car c’est son amour pour Oliver, sa culture, son érudition, sa décontraction, qui le fait inlassablement retenir sa respiration et vivre en apnée, à moitié, dès qu’il en est éloigné.

André Aciman nous raconte une grande histoire d’amour entre deux hommes, qui sous la pression de la société, ont dû l’étouffer. L’étouffer pour ne pas faire de vagues, pour que cet amour ne leur coûte ni leur famille, ni leurs proches, leurs amis ou leur travail. Mais cet amour est éternel et fait vibrer leurs corps encore et toujours des années plus tard. Comment l’oublier?

Bien qu’ayant trouvé par moments quelques longueurs, j’ai beaucoup apprécié la plume fluide, poétique et érotique d’Andre Aciman, qui décrit si bien ce qu’est le désir brûlant. J’ai adoré la dernière partie du roman et notamment l’échange d’Elio et de son père qui m’a serré très fort le coeur. Je vous le conseille, c’est un très beau livre à lire par des journées d’été ensoleillées.

« Le mur invisible » de Marlen Haushofer

Résumé:

« Voici le roman le plus célèbre et le plus émouvant de Marlen Haushofer, journal de bord d’une femme ordinaire, confrontée à une expérience – limite. Après une catastrophe planétaire, l’héroïne se retrouve seule dans un chalet en pleine forêt autrichienne, séparée du reste du monde par un mur invisible au-delà duquel toute vie semble s’être pétrifiée durant la nuit. Tel un moderne Robinson, elle organise sa survie en compagnie de quelques animaux familiers, prend en main son destin dans un combat quotidien contre la forêt, les intempéries et la maladie. Et ce qui aurait pu être un simple exercice de style sur un thème à la mode prend dès lors la dimension d’une aventure bouleversante où le labeur, la solitude et la peur constituent les conditions de l’expérience humaine. »

Alors?:

Je ne connaissais pas « Le mur invisible » avant de voir il y a quelques semaines, l’engouement qu’il a suscité auprès de la communauté Bookstagram. Grand classique lu à l’adolescence pour de nombreuses personnes, j’étais complètement passée à côté. Le sujet du livre, dans la veine des romans survivalistes abordant le thème de la décroissance et du retour à l’essentiel, a je pense une résonance avec l’urgence climatique actuelle. J’ai à son sujet des sentiments mitigés et il m’a fallu plusieurs jours avant de pouvoir en faire le tri pour écrire une chronique.

Le postulat de départ est fascinant: un mur invisible s’élève en une nuit et coupe une femme du reste du monde. Elle est sans doute la seule encore en vie, avec les quelques animaux qui se trouvaient également de son côté, et va devoir survivre, s’adapter à un milieu hostile qu’elle ne connaît pas. Il n’en fallait pas plus pour m’intéresser.

Comme beaucoup, j’ai évidement pensé au cours de cette lecture à « Dans la forêt » de Jean Hegland ( dont le roman a été inspiré par le Mur invisible ) et surtout à « Walden », d’Henry David Thoreau. Le récit de la narratrice est au départ passionnant, suivant ses sentiments intimes au fil de l’acceptation de son isolement. Puis il devient par moment très factuel, nous racontant ses taches quotidiennes répétées, un peu trop factuel peut être. Mais l’atmosphère oppressante du roman a continué de me captiver. Je me demandais sans cesse au fil des pages, comment je réagirais dans une telle situation, me rendant surtout compte que je n’ai aucune connaissance élémentaire à ma propre survie, et c’est là que le roman résonne et devient effrayant…

J’aurais aimé à titre personnel, avoir une explication sur l’apparition du mur, mais l’auteure à travers les réflexions philosophiques de son héroïne sur le sens de la vie, nous confirme qu’il est vain de chercher une signification à tout. Bien que je me suis ennuyée par moment et que je n’ai pas été bouleversée au point auquel je m’attendais, la lecture et surtout l’ambiance de ce roman m’a tout de même hantée. J’y repense régulièrement depuis et je vais prolonger l’expérience en regardant le film tiré du roman, pour retrouver Lynx, Tigre et Bella une dernière fois.

« Couleurs de l’incendie » de Pierre Lemaitre

Résumé:

« Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe. »

Alors?:

Suite tant attendue au génialissime « Au revoir là haut », j’ai sauté sur « Couleurs de l’incendie » – titre que je trouve superbe – dès sa sortie en poche, pressée de pouvoir enfin le lire. J’en avais eu beaucoup d’échos différents: les déçus et les admirateurs. Il était temps après ce long suspens, de me faire enfin ma propre opinion.

Dès les premières pages du roman, la magie opère à nouveau pour moi, je retrouve la plume relevée et pleine d’humour de Pierre Lemaitre avec délectation, sur une scène d’ouverture mémorable. Puis peu à peu, sans le vouloir, car j’avais très envie d’aimer ce roman et de brûler pour lui, j’ai commencé à décrocher. Malheur. L’intrigue tourne en rond et l’empathie pour les personnages me manque… Vais je basculer dans le camps des dépités? Je décide de poursuivre encore un peu, sur quelques dizaines de pages, parce que c’est Pierre Lemaitre tout de même, je ne peux pas l’abandonner comme ça sans me retourner.

Et j’ai bien fait. Il m’aura fallu la fin de la première partie et donc environ 200 pages, pour vraiment suivre l’intrigue avec plaisir, mais enfin, la machination imaginée par l’auteur fonctionne, et je me suis laissée embarquer avec plaisir dans cette histoire de vengeance rondement menée, dont on sent l’influence d’Alexandre Dumas ( cité d’ailleurs par Pierre Lemaitre dans sa postface joliment intitulée: Reconnaissance de dette.) La lecture de « Couleurs de l’incendie » est fluide, drôle et cynique, un moment très agréable. A mon sens, « Au revoir là-haut » restera bien au dessus dans mon panthéon, à vous maintenant de choisir votre camp!

Roman Noir Historique

« L’embaumeur » d’Isabelle Duquesnoy

Résumé:

« Victor Renard n’a jamais eu de chance avec les femmes. À commencer par sa mère, l’épouvantable Pâqueline, qui aurait préféré que son frère jumeau lui survive. Puis Angélique, la prostituée, qui se moque de sa difformité et de sa « demi-molle ». Mais Victor échappe à sa condition : il devient embaumeur. Quelle meilleure situation ? Après la Révolution, les morts ne manquent pas dans Paris… »

Alors?:

Peut on éprouver un dégoût viscéral pour une lecture et rire de bon coeur en même temps? Evidemment! Isabelle Duquesnoy vient de me le prouver avec son Embaumeur, aussi tordu que la tête de son héros!

Victor Renard n’a décidément pas eu de chance à la loterie de la vie. Son père vient de mourir atrocement éventré par une charrette à boeuf, et il se retrouve désormais seul avec sa mère qui le hait, l’accusant d’avoir étranglé son jumeau avec son cordon ombilical à leur naissance… Nous retrouvons des années plus tard le dénommé « Victordu » à son procès, pour son odieuse mais surtout répugnante confession!

Isabelle Duquesnoy retrace le parcours pour le moins tourmenté et les misères infâmes qui ont jalonné la vie de Victor Renard, jusqu’à ce qu’il rencontre par un coup du destin un peu plus favorable pour une fois, l’homme qui lui apprendra son futur métier d’embaumeur dont les détails de la profession, m’ont autant faire rire qu’écoeuré. La force de ce roman vient vraiment de l’humour décalé de son auteure. Imaginez vos sensations à lecture du « Parfum » de Suskind, et ajoutez y la dérision et la malice d’Isabelle Duquesnoy. Vous obtiendrez alors des personnages plus repoussants les uns que les autres que l’on aime détester. Les descriptions des us et coutumes du Paris de l’époque, feront appel à vos sens pour mieux vous mettre le coeur au bord des lèvres, et moi qui me plaignait de la salubrité de ma ville, j’ai appris à en apprécier la propreté depuis cette lecture! J’ai ri a de nombreuses reprises, poussé des ohhh de dégoût profond, tout en saluant intérieurement l’esprit satirique de l’auteure.

Isabelle Duquesnoy a su recréer avec brio et précision le Paris du 18ème siècle, crasseux à souhait dans lequel évolue son anti héros, étoffant son récit de détails et d’anecdotes historiques passionnantes. Je ne peux que vous recommander cette lecture surprenante et unique qui vous fera vivre des moments inédits en littérature, et suite à laquelle vous ne regarderez plus jamais les tableaux de certains Maîtres de la même façon…

« Le mystère Jérôme Bosch » de Peter Dempf

Résumé:

« 2013, Madrid, le Prado. Un homme se précipite sur Le Jardin des délices de Jérôme Bosch, un des plus remarquables et mystérieux tableaux du monde, et l’asperge de quelques gouttes de vitriol avant d’être maîtrisé par les gardiens du musée. Restaurateur de tableaux, Michael Keie se voit confier la tâche délicate de remettre le triptyque en état. Très vite, il fait une découverte stupéfiante : à plusieurs endroits, les couches de peinture altérées laissent transparaître des symboles cachés…Une révélation confirmée par le vandale, qui justifie son geste par la découverte d’un étrange manuscrit rédigé en 1511. Les deux hommes replongent dans l’Histoire, sur les traces de Petronius Oris, un des disciples du maître, dans l’enfer de l’Inquisition… »

Alors?:

Je fais partie de ces gens qui ont adoré lire le « Da Vinci Code » à l’adolescence et l’assume complètement. Histoire de l’art et intrigue à rebondissements font toujours bon ménage à mon sens, donc quand mes yeux se sont posés il y a quelques mois sur la couverture de celui ci, (qui représente ce tableau fascinant qu’est « Le jardin des délices ») mon sang n’a fait qu’un tour! Il a donc atterri dans ma PAL, attendant patiemment que je vienne l’en déloger.

Dès les premières pages ô désespoir c’est confirmé, ce n’est pas de la grande littérature… Les personnages et leurs échanges paraissent même assez caricaturaux et je me suis dit que je lui accordais encore quelques chapitres avant de le reléguer à jamais dans ma bibliothèque. Puis l’intrigue bascule dans l’Histoire, en plein coeur de l’inquisition et je retrouve pour ce roman un intérêt grandissant! Fourmillant de détails, plongeant le lecteur dans une atmosphère de suspens et de mystères, on y retrouve des thèmes passionnants et hautement romanesques tel que les confréries religieuses et l’alchimie. Tout un programme!

La partie du roman se déroulant à Madrid en 2013 est à mon sens la moins intéressante, mais se trouve n’être qu’une petite partie du livre et j’ai passé au final un bon moment de lecture en compagnie de Peter Dempf et son Jérôme Bosch. Je me suis surprise à avoir une passion croissante pour ce tableau qui m’a accompagné tout au long de la lecture, souhaitant explorer en même temps que le héros ses découvertes.

La fin du livre entre la psychologue et le restaurateur m’a cependant fait rouler les yeux de mièvrerie, mais je défend tout de même cette lecture, car les points positifs l’emportent largement. Pour ne pas vous spoiler l’histoire et ses révélations je ne vous en dirais pas plus, j’ai cependant adoré l’interprétation qu’en a choisi l’auteur et je rêve de me retrouver un jour pour de vrai devant ce tableau sensationnel!

Le numéro 7 de Born to be a livre touche à sa fin, on se retrouve cet été pour une prochaine sélection que j’espère de qualité!