Born to be a livre, on s’offre et on offre de la littérature aux gens qu’on aime.

Cette année comme jamais auparavant je me suis posée la question du bien fondé des cadeaux que l’on offre et que l’on reçoit pendant la période des fêtes. Comme pendant les Noëls de potes par exemple. A titre personnel, je ne souhaite plus jamais offrir un cadeau « inutile » pour celui qui le reçoit, qui va faire marrer 5 minutes et rester dans un placard ou finir à la poubelle. Notre conscience à tous s’est transformée au cours des derniers mois et il est devenu inconcevable de ne pas réfléchir aux problématiques qui nous sont posées sur nos modes de consommation effrénés. C’était un luxe comme je l’entend parfois, mais si cela l’a été, on ne peut plus se le permettre. Il est important d’offrir des cadeaux qui ont du sens et pourquoi pas offrir des cadeaux qui peuvent « transformer » la vie de ceux qui les reçoivent.

Pourquoi offrir de la littérature?

C’est là que la littérature intervient. Par expérience personnelle bien sûr, parce que les livres ont changé ma vie. Ils ont eu un impact tel, qu’ils ont initié des changements profonds dans ma façon de voir les choses. Ils ont élargis mon champs de pensée, mon vocabulaire et construit mon argumentaire pour mieux vivre et mieux penser le monde. La littérature m’a rendu mon libre arbitre et m’a rendu une certaine forme de liberté et ça, ça n’a pas de prix.

On me parle souvent du nombre conséquent de livres que je dévore et de comment je trouve ce temps pour lire autant. Cela n’a pas toujours été le cas. Mais plus on apprend, plus on a envie d’apprendre, à tout âge de la vie. Je me suis rendue compte au fil de mes lectures à quel point j’aime et j’ai besoin d’apprendre autant que de me distraire, et cette soif est inaltérable et elle est là la bonne nouvelle. J’apprends à mon rythme en fonction de mes envies et des sujets qui m’intéressent sur le moment, sans contrainte. Et cet apprentissage est durable, je le porte avec moi partout tout le temps.

Born to be a livre

Born to be a livre pour ceux qui n’aiment pas lire.

Je suis convaincue que l’on peut offrir des livres à quasiment tout le monde, même à « ceux qui n’aiment pas lire », car tout le monde aime les histoires. Mais la première question à se poser est: pourquoi n’aiment ils pas lire? Parce qu’ils ont peut être des mauvais souvenirs liés à des lectures contraignantes dans leur cursus scolaire, ou bien parce qu’ils ont lu des livres qui n’ont aucun rapport avec leurs centres d’intérêts… Je suis certaine qu’il y a un livre pour tout le monde quelque part, il suffit de mettre un soin particulier à découvrir ce qui plait à la personne destinée à le recevoir. Voilà, prendre le temps de ne pas acheter un truc en speed qui fera l’affaire, mais de penser avec « amour » à la personne à qui il est destiné.

Born to be a livre petit budget, éthique et zéro déchet.

Alors oui les livres sont fait de papier qui viennent des arbres mais rien n’empêche d’offrir des livres de seconde main, le neuf n’est pas obligatoire. Je pense qu’il faut se défaire de certaines conventions tel que si ce n’est pas neuf je vais passer pour un radin. L’important n’est pas là mais dans le contenu. Et il existe plein d’alternatives comme Gibert ou bien RecycLivre, pour donner une seconde vie à des milliers de livres qui n’attendent que ça. Le format poche est aussi mon favori en neuf pour les petits budgets (ce qui est mon cas) et permet de varier les plaisirs, en rendant la littérature accessible à un plus grand nombre de personnes. En voilà plein de bonnes raisons pour envisager d’ajouter des livres sous le sapin!

Il est maintenant temps de passer à ma dernière sélection Born to be a livre, du polar à la poésie, voilà le meilleur de mes dernières lectures! 

Polar / Enquête journalistique
Born to be a livre

« La petite femelle » de Philippe Jaenada

Résumé: « Novembre 1953 : la France entière réclame la tête de Pauline Dubuisson, accusée d’avoir tué de sang-froid son amant. Qui est donc cette beauté ravageuse ? Une arriviste calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché avec les Allemands avant d’assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ? Ou une jeune fille libre qui revendique avant l’heure son émancipation?  »

Alors?: Je retrouve avec délectation la plume pleine d’humour noir et les enquêtes de Philippe Jaenada, plusieurs mois après avoir été happée par la lecture de son livre sur Bruno Sulak. Une fois encore Jaenada a accompli un travail journalistique de titan pour éclairer sous un autre jour « l’héroïne » de son roman, Pauline Dubuisson. Il se donne pour mission de restaurer une part d’humanité chez ces criminels (le grand banditisme pour Sulak et le crime passionnel accidentel chez Pauline) que la presse, la justice et la vindicte populaire ont bousillé. Il rétabli par son travail de fourmi précis et ultra documenté, un procès qui serait enfin juste et équitable.

Jaenada n’excuse pas les protagonistes de ses romans, loin de là, mais cherche à comprendre les raisons qui les ont poussé dans ces voies de traverses. Il fustige le traitement des médias et de la justice, en exposant les raisons parfois personnelles de leurs détracteurs, qui les ont à ce point trainés dans la boue. Il nous expose comment Pauline Dubuisson a cristallisé tant de haine, de mensonges, de petits arrangements judiciaires avec la vérité et la lecture de ce roman vous laissera quelque peu révolté.

Car au delà d’être jugée pour ce crime qui reste bien sûr un crime, Pauline Dubuisson aura subit une double peine. Elle aura été jugée et brisée avec un acharnement sans relâche aussi pour ce qu’elle était: une femme qui n’est pas « restée à sa place », une femme intelligente qui souhaitait faire des études pour s’émanciper, vivre sa vie et sa sexualité comme elle l’entendait, et c’est bien ça le plus intolérable et le pire affront qu’elle pouvait commettre.

Ne nous méprenons pas Pauline Dubuisson n’est pas pardonnable, elle a pris la vie d’un homme dans sa folie obsessionnelle et a elle brisé une famille. Mais Pauline Dubuisson a été brisée elle aussi, a de nombreuses reprises au cours de sa courte vie. Pour son acte de folie, elle a été soumise à la justice, mais la justice comme le démontre admirablement Philippe Jaenada, n’est pas la même pour tout le monde. Il décortique avec minutie toutes les étapes de la vie de Pauline, rétablissant également le contexte historique d’après guerre, où il fallait des coupables pour expier la souffrance nationale.

« La petite femelle » aura été une lecture passionnante, dont les parenthèses et parallèles humoristiques de son auteur ne m’ont pas dérangé, apportant un peu de légèreté nécessaire. Et pour ceux que cela inquiète, les digressions de Philippe Jaenada se raréfient au fil du roman. Il aura été le meilleur avocat que Pauline Dubuisson aurait pu avoir.

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« La lionne blanche » d’Henning Mankell

Résumé: « Scanie, avril 1992. Louise Akerblom, agente immobilière et jeune mère de famille, disparaît dans des conditions mystérieuses. Pendant ce temps, en Afrique du Sud, un groupe d’Afrikaners fanatiques prépare avec soin un attentat contre une importante figure politique.
Quelques jours plus tard, le corps de Louise, le front troué d’une balle, est repêché dans un puits. L’inspecteur Wallander et son équipe enquêtent. Mais le passé de la victime est limpide et les recherches piétinent.
C’est alors que les policiers découvrent près des lieux du crime le doigt tranché d’un homme noir. Y aurait-il un lien entre la réalité quotidienne de la province suédoise et la lutte politique sanglante qui se déchaîne à un autre bout du monde ? Wallander en sait peu sur l’apartheid ou sur la situation internationale. Et il ignore la relation qui peut exister entre l’ex-KGB et les nationalistes blancs d’Afrique du Sud. Cette fois, ce n’est plus le sort de quelques individus qu’il a entre ses mains, c’est le destin d’une nation. »

Alors?: Avec « La Lionne Blanche » nous somme à nouveau dans la lignée des polars passionnants, chargés en suspens, mais surtout qui nous font découvrir ou re-découvrir une part importante de l’Histoire. Comme avec « Back Up » de Paul Colize ou bien « Le dernier Lapon » d’Olivier Truc, dont je vous ai parlé dans des articles précédents. Pour ce livre là, nous sommes au début des années 90, entre la Suède et l’Afrique du Sud, au coeur d’une étrange affaire non élucidée dans le Grand Nord et d’un enjeu politique majeur, qui changerait le destin d’un pays tout entier, à l’extreme sud du globe.

L’Afrique du Sud est à ce moment précis à l’aube d’un tournant majeur, Nelson Mandela pourrait être élu prochainement et de ce fait le premier président Noir d’un pays déchiré par l’apartheid. Mais ce n’est pas envisageable pour certains Boers fanatiques déjà au pouvoir, qui représentent un des derniers bastions de cette minorité blanche qui souhaite à tout prix maintenir ses privilèges. Quitte a déclencher une guerre civile en mettant le pays à feu et à sang.

On nage avec « La lionne blanche » au fil des pages, dans les secrets d’Etat les plus sombres, au coeur des manœuvres et manipulations politiques, aux côtés de tueurs à gage et des services secrets, entre mensonges et trahisons à petite et grande échelle. De l’autre côté, à des milliers de kilomètres de là,  un policier enquête sur un meurtre qui ne fait aucun sens et commence une chasse à l’homme sans merci et un duel à mort avec un ex agent du KGB…

« La lionne Blanche » est un polar sans temps morts, où il est difficile de reprendre son souffle même si l’on connait bien sûr 20 ans plus tard, l’issue finale. On est ici du côté des hommes, de leurs questionnements sur le bien et le mal, sur l’humanité. Certains par leur éthique et leurs valeurs ont changé le cours de L’Histoire, nous ne l’avons jamais su et ne le saurons jamais. J’ai appris après avoir fermé ce roman passionnant, que son personnage principal le commissaire Kurt Wallander était également le héros de plusieurs autres livres d’Henning Mankell. J’ai posé sur celui ci un regard complètement neuf, intriguée par la plume de Mankell, avec l’envie de lire très bientôt un autre de ses ouvrages.

RomansBorn to be a livre

« Fugitive parce que reine » de Violaine Huisman

Résumé: « Maman était une force de la nature et elle avait une patience très limitée pour les jérémiades de gamines douillettes. Nos plaies, elle les désinfectait à l’alcool à 90°, le Mercurochrome apparemment était pour les enfants gâtés. Et puis il y avait l’éther, dans ce flacon d’un bleu céruléen comme la sphère vespérale. Cette couleur était la sienne, cette profondeur du bleu sombre où se perd le coup de poing lancé contre Dieu. »

Alors?: Lorsqu’on lit un livre autobiographique sur le rapport à la mère dans un contexte contemporain, la tentation est grande de comparer instinctivement les romans abordant le même thème. « Fugitive parce que reine » m’a bien évidemment fait penser à « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan et « En attendant Bojangles », deux romans que j’ai beaucoup aimé.

Cette histoire là est scindée en deux parties: la première du point de vue de Violaine qui raconte son enfance chaotique et brutale où elle n’a pas eu le choix de devenir plus adulte que les adultes autour d’elle. La seconde du point de vue de Catherine, la Femme, la Mère, la Fille aussi, excessive, sauvage, qui reste avec des blessures béantes depuis sa propre enfance et qui fait vivre sa famille au rythme explosif de ses traumas. Ici on parle d’Amour. De son manque, de son trop plein, de désamour, d’Amour passionnel pour un homme, pour une autre femme, pour ses enfants ou pour ses parents, qu’ils soient toxiques ou  malades. On se transcende par Amour et on accepte aussi l’inacceptable. L’Amour donne des ailes, en mutile d’autres. Mais il reste là, plus fort que le reste.

Son histoire en intéressera certains, faisant un lien intime entre les vécus de chacun. Elle en laissera d’autres sur le côté, sûrement dérangés par le côté brut de décoffrage d’un récit douloureux. Le roman de Violaine Huisman raconte une histoire déjà racontée. Mais toutes les histoires ont déjà été racontées, ce qui compte c’est le regard qu’on pose sur elles.

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« La fin de la solitude » de Benedict Wells

Résumé: « Je suis entré dans le jardin et j’ai fait un signe de tête à mon frère. J’ai pensé : une enfance difficile est comme un ennemi invisible. On ne sait jamais quand il se retournera contre vous. » Liz, Marty et Jules sont inséparables. Jusqu’au jour où ils perdent leurs parents dans un tragique accident de voiture dans le sud de la France. Placés dans le même pensionnat, ils deviennent vite des étrangers les uns pour les autres, s’enfermant chacun dans une forme de solitude. Jules est le plus solitaire des trois lorsqu’il rencontre Alva, qui devient sa seule amie. Son obsession. Vingt ans plus tard, Jules se réveille d’un coma de quelques jours. À la lisière de l’inconscient, il se souvient. »

Alors?: J’aime les romans aux thèmes universels. J’aime les romans qui me touchent au delà de raconter une histoire, car leur profondeur résonne avec quelque chose de très intime. « La fin de la solitude » est un roman dont le thème principal est cette solitude que nous ressentons tous au fond de nous, même entourés, ce sentiment qui reste toujours là. Benedict Wells arrive à mettre des mots sur cette sensation si difficilement descriptible.

Son livre s’articule également autour d’un autre thème universel, la mort de nos proches, le deuil et la transformation qui opère en nous à notre insu, quand leur départ laisse un si grand vide. Jules, son frère et sa soeur ont perdu très jeunes leurs parents dans un accident de voiture et leur mort va bien sûr bouleverser leurs vies, laissant une faille immense mais différente en chacun d’eux.

Les souvenirs heureux en famille s’estompent au fil du temps, leurs liens s’étiolent alors qu’ils se renferment dans leurs mondes, tentant comme ils peuvent de continuer à vivre avec une si grande douleur. Jules rencontre en parallèle Alva, une jeune fille mystérieuse qui porte en elle une blessure qu’il pressent et ils noueront une relation entre amitié et amour, qui sera le fil rouge du roman jusqu’à leurs vies d’adultes.

En toute franchise j’évite vraiment d’habitude ce genre de roman et il est d’ailleurs resté un bon moment dans ma PAL avant que je me décide enfin à le lire. L’envie de me changer les idées est souvent primordiale quand je choisis une lecture. Je suis vigilante sur ce que je laisse entrer dans mon univers et je fuis les romans pathos qui vont me plomber le moral. Mais j’ai vraiment été touchée par celui ci. La plume de Wells est fluide, lumineuse et traversée par des moments de grâce inouïe. J’ai d’ailleurs noté quelques phrases de son livre que j’ai trouvé d’une beauté à couper le souffle, je vous en met une pour vous donner envie de le lire, si vous êtes aussi un peu réticent de prime abord:  » Je me suis rendu compte avec une acuité douloureuse, que je n’avais pas su utiliser mon temps. J’avais gagné quelques minutes quand il s’agissait de prendre un bus. Et gaspillé des années parce que je n’avais pas fait ce que je voulais faire. »

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« L’île » de Robert Merle

Résumé: « Le soleil brillait à perte de vue sur la houle longue du Pacifique et le Blossom, ses trois mâts penchés à bâbord, recevait par le travers une brise Sud-Sud-Est… Purcell prêta l’oreille. Bien qu’une île fût proche, il n’entendit pas de cri d’oiseau. Sauf quand une lame déferlait, l’océan était silencieux. Mais il y avait autour de Purcell ces bruits qui, par jolie brise, lui faisaient toujours plaisir : le choc des énormes poulies de bois, la vibration des haubans, et au-dessous de lui, derrière son dos, le passage de l’étrave dans l’eau, doux et continu comme une pièce de soie qu’on déchire. »

Alors?: Très inspiré par la mutinerie du « Bounty », Robert Merle s’écarte du roman historique pour raconter sa propre histoire et s’octroyer la liberté d’une narration non codifiée. Ses mutins à lui arrivent  à bord du « Blossom » sur une île perdue au beau milieu du Pacifique, aux abords hostiles, où subsiste quelques traces lointaines d’humanité. N’ayant pas d’autres choix que la fuite et espérant ainsi échapper à la condamnation à mort que leur vaut le fait de s’être révoltés et d’avoir tué leur Capitaine, une dizaine de marins Britanniques tentent de fonder une nouvelle société. Avec à leurs côtés une quinzaine de Tahitiens qui les ont rejoint par amitié pour le héros de l’histoire, le très pieux Purcell, ils vont tenter de vivre ensemble.

Mais on ne mélange pas facilement les individus et les cultures. L’hostilité primera peu à peu sur les bonnes intentions de départ, et les choix Britanniques, portés par leur racisme et leur mépris à l’égard des Tahitiens, marqueront le début d’une guerre des clans.

Le roman de Robert Merle est passionnant à bien des égards et pose des questions sociologiques essentielles: La non violence du héros, (seul lien entre les deux clans) n’a t elle pas au final attisé la guerre? Et pourquoi seulement lui, à qui tous en veulent au final, le seul à ne jamais avoir pris les armes, se retrouve t il sujet à toutes les haines? Ses principes et son éthique ont ils un bien fondé quand les faits exigent une prise de position plus radicale, quand des vies sont en jeu? Ne pas prendre une posture ferme face à l’injustice ne fait il pas de nous un complice au final? La neutralité est elle ou pas une vraie position ou bien est elle une forme de non assistance…?

On réfléchit à ces sujets, bien des semaines après avoir « quitté » l’île… Bien qu’un peu long, notamment sur la fin, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman. J’ai voyagé avec l’écriture de Robert Merle et j’ai eu beaucoup de plaisir à lire ses descriptions sur les us et coutumes des Tahitiens, l’ambiance insulaire sous ce ciel chargé d’orages qu’il a crée.  » L’Île » est un bon roman d’aventure humaniste, qui soulève des thèmes passionnants: l’enfer est pavé de bonnes intentions…

Nouvelles

Born to be a livre

« Le paradis des animaux » de David-James Poissant

Résumé:  « Aussi fou que deux hommes prêts à tout pour sauver un alligator, aussi tendre qu’un père essayant de se racheter auprès de son fils, Le paradis des animaux donne vie à un univers riche et émouvant. On y croise des arnaqueurs pleins d’illusions, de charmants dépravés et de jeunes amants égarés. Criants de vérité et terriblement attachants, ces personnages sont tous au bord du précipice. Sauter dans le vide ou détourner le regard : telle est la question. »

Alors?: Receuil de nouvelles mélancoliques et noires sur fond de comédie dramatique frisant l’absurde, le « Paradis des animaux » explore la complexité des sentiments et des relations qui nous lient. Avec pour décor et ambiance le sud suffocant des Etats-unis, on y croise de l’Arizona à la Floride, une galerie de personnages hauts en couleur, antihéros au bord de l’abîme, pétris de défauts, embourbés dans les tréfonds de leurs âmes et leurs vies parfois misérables. La violence côtoie la rédemption, les remords et les regrets, les maladies mentales et l’amour fou.

David James Poissant flirte avec la noirceur et le pathétique de ses personnages, en réussissant le tour de force de les rendre  humains et attachants. L’humour de l’auteur parvient à se frayer une place dans les moments les plus inattendus, illuminant des destins portés par l’énergie du désespoir. On y sent également clairement le désir de transgression de la morale établie, de la bien pensance. L’auteur provoque avec délectation, avec subtilité et finesse, amenant son lecteur à réfléchir.

Un magnifique recueil que je vous recommande chaudement! Je pense qu’il y a d’ailleurs matière à de superbes adaptations au cinéma, certaines nouvelles m’ont beaucoup émue, me laissant vide de ces rendez vous manqués…

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Poésie

« Lait et Miel » de Rupi Kaur

Résumé: « Voici le voyage d’une survie grâce à la poésie, voici mes larmes, ma sueur et mon sang de vingt et un ans, voici mon coeur, dans tes mains, voici la blessure, l’amour, la rupture, la guérison »

Alors?: « Lait et Miel » est un recueil de poésie, qui vous hante, qui vous accompagne, longtemps après l’avoir refermé. J’avais eu l’occasion d’en lire certains sur le compte Instagram de l’auteure et ils m’avaient profondément touchés par leur beauté et leur pertinence sans détours, abordant de front et sous un angle inédit, des sujets de société vitaux comme l’amour, la sexualité, la violence, le viol…

Auto publié puis devenu un best seller mondial, repris par des milliers de femmes partout dans le monde pour sa force et sa puissance, j’attendais avec impatience sa traduction en français et je l’ai lu d’une traite en une soirée. Illustré par les dessins de l’auteure, les courts poèmes de « Lait et Miel » sont une mise à nu de l’âme, de l’intimité du corps et des sentiments, qui résonne en chacun de nous ou surtout chacune de nous. J’y ai lu des passages de mon existence, avec le dénominateur commun d’être une femme et tout ce que cela implique dans chaque aspect de nos vies.

Mon seul bémol au final est de ne pas l’avoir lu en anglais, car il est encore plus fort dans sa langue maternelle. La traduction lui a fait perdre une certaine saveur. J’ai lu depuis dans sa langue d’origine le deuxième recueil de Rupi Kaur, « The Sun and her flowers » et ce fut un coup de coeur magistral. Si vous parlez anglais n’hésitez pas une seconde à vous procurer ces sublimes textes. J’aurais aimé les avoir lu plus jeune, ils auraient certainement contribué à me construire plus tôt et apaiser de nombreuses douleurs.

Born to be a livre #5 se termine ici, j’espère qu’il vous aura donné envie de découvrir certains ouvrages ou d’en offrir! On se retrouve en février pour une nouvelle sélection!