Born to be a livre, on lit quoi cet été au bord de la piscine?

Le temps a passé vite, si vite depuis notre dernier rendez vous Born to be a livre! Un voyage aux Cyclades et des dizaines de lectures plus tard, me voilà enfin arrivée à la sélection que je vous ai concocté pour cet été!

Born to be a livre: Passion Boite à Lire

En introduction et avant de vous dévoiler mes derniers livres préférés, je voulais faire une déclaration d’amour à cette initiative que je trouve formidable: Les Boites à Lire, qui m’ont permis parfois de découvrir de belles pépites! Disséminées dans de nombreuses communes et stations balnéaires, Les Boites à Lire sont une occasion formidable de voyager! La lecture se conseille, se partage, se transmet entre passionnés et ces petites boites remplies d’ouvrages qui ont éclos un peu partout sur notre territoire, sont une merveilleuse manière d’échanger dans la gratuité, permettant à tout un chacun de s’évader… Quelle idée fantastique pour donner une seconde vie à tous nos livres! Une trentaine de romans qui patientaient sur mes étagères attendant un nouveau propriétaire, sont partis rejoindre les côtes Normande et je me plais à imaginer leurs nouvelles destinées ensablées… Je ne peux que vous encourager à y déposer les vôtres, à y fouiner, pour continuer à promouvoir notre passion commune et faire rêver!

Mais revenons à nos moutons, que lire cet été? Le choix est vaste, si vaste… En toute honnêteté, Born to be a livre #3 s’est fait dans la difficulté, pressé comme un citron par un planning surchargé… Mon rythme de lecture s’est considérablement ralenti ces dernières semaines, bien que de nombreux ouvrages me soient passés entre les mains. Elle est là la difficulté de ne chroniquer que ses livres préférés: on ne tombe pas à chaque lecture sur un coup de coeur… Il a fallu en lire aussi des ouvrages sans grand intérêt pour arriver au fin du fin, à la crème de la crème! Mais je n’y tiens plus, il est temps de vous dévoiler le troisième volet Born to be a livre, spécial été!

(*Les résumés sont les quatrième de couverture, pour vous guider)
Born to be a livre

Mes derniers coup de coeur

« La touche étoile » de Benoîte Groult

Résumé: « Ni Dieu ni Diable, Moïra, dans la mythologie grecque, représente la destinée. Elle s’attache à faire advenir l’improbable chez ses protégés en brouillant les cartes quand elle les juge mal distribuées. Ainsi Marion, qui s’est mariée en espérant former un couple moderne, découvrira qu’on souffre comme au temps de Racine même si on a signé le contrat de Sartre et Beauvoir. Mais Moïra lui fera vivre, en marge, une liaison passionnée avec un Irlandais un peu fou, un peu poète. Sa mère Alice, quatre-vingts ans, journaliste féministe de choc, s’est juré de ne pas se laisser déborder par la vieillesse. Un défi osé que Moïra l’aidera à relever avec panache. »

Alors?: Trouvé par hasard dans la P.A.L d’un petit hôtel en Grèce, la quatrième de couverture de « La touche Etoile » m’avait tapé dans l’oeil. Je connaissais le travail de Benoîte Groult mais je n’avais encore jamais lu un de ses romans. Quel bonheur cette lecture! Ce petit roman très inspiré par l’expérience de l’auteure aborde avec franchise, justesse et sans langue de bois un sujet qui nous fait tous peur, la vieillesse. Comment fait on quand l’image que nous renvoie notre miroir et la société ne correspond pas à ce que l’on ressent à l’intérieur? Quand l’énergie, la vitalité sont encore là malgré ce corps qui commence à flancher? Benoîte Groult aborde tous ces sujets sur le ton irrévérencieux qui lui va si bien, avec beaucoup d’humour et d’amour, et nous oblige à ouvrir grands les yeux!  La fin du roman m’a énormément émue, et je voudrais dire un grand merci à Benoîte Groult de m’avoir ré-éduquée. Oui j’ai bien dit éduquée. Plus jamais après cette lecture je ne pourrais regarder les personnes âgées de la même manière. Ce livre m’a personnellement aidé à voir avec plus de justesse la Femme en ma grand-mère, et à avoir une relation encore plus belle et sincère avec elle, Merci!

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« Les oubliés du dimanche » de Valérie Perrin

Résumé: « Justine, vingt et un ans, vit chez ses grands-parents avec son cousin Jules depuis la mort de leurs parents respectifs dans un accident. Justine est aide-soignante aux Hortensias, une maison de retraite, et aime par-dessus tout les personnes âgées. Notamment Hélène, centenaire, qui a toujours rêvé d’apprendre à lire. Les deux femmes se lient d’amitié, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre. Grâce à la résidente, Justine va peu à peu affronter les secrets de sa propre histoire. Un jour, un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite et fait une terrible révélation. »

Alors?: « Les oubliés du dimanche » fait partie de ces lectures qui ont été influencées par les comptes de lectrices assidues avec lesquelles j’échange sur Instagram. Je l’avais vu passer à plusieurs reprises, intriguée je me suis finalement décidée à m’y plonger. Et j’ai eu un très gros coup de coeur que je n’ai pas vu venir pour ce roman! Il est à la fois doux amer, drôle et émouvant et beaucoup plus profond qu’il n’y parait. Je suis particulièrement sensible à tout ce qui touche les personnes âgées et Valérie Perrin a su créer un univers particulièrement attachant autour de ses deux héroïnes et le fameux corbeau de la maison de retraite. Les passages sur la vie d’Hélène et son histoire m’ont noué la gorge, entrecoupés par de lumineux moments de vie et d’amour.  « Les oubliés du dimanche » m’a fait rire et pleurer, cocktail si rare pendant une lecture… Ce roman est bourré de tendresse, d’émotions, d’humour, je l’ai lu d’une traite. Je ne vous en dit pas plus pour que vous puissiez garder des surprises et je vous souhaite une magnifique lecture quand il sera entre vos mains!

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« L’année de la mort de Ricardo Reis » de José Saramago

Résumé: « Fernando Pessoa est mort. L’un de ses pseudonymes, Ricardo Reis lui a survécu et revient à Lisbonne peu de temps après la disparition de son créateur. Éxilé au Brésil durant seize ans, il découvre une ville chargée de mystères, où les vivants côtoient les morts, où le rêve et la réalité se mêlent. À Lisbonne, Ricardo Reis n’a qu’une seule idée en tête : trouver sa véritable identité. »

Alors?: Nous voilà en présence d’un très grand livre, cependant « l’Année de la mort de Ricardo Reis » ne s’adresse pas à tout le monde. Ici le style prime sur l’histoire et si vous voulez vous changer les idées avec une lecture légère, passez votre chemin. La plume ici est précise, exigeante, sans ponctuation ni dialogues, il faut suivre. Le point de départ de l’histoire est à mon sens original et fascinant: Jose Saramago tisse un univers très particulier entre songe et réalité, en faisant se rencontrer dans son roman Ricardo Reis, hétéronyme de Fernando Pessoa, le célèbre poète Portugais et ce dernier. Fernando Pessoa s’était en effet créé de son vivant quatre hétéronymes, quatre identités sous lesquelles il écrivait. Dans ce roman Pessoa est mort, et Ricardo Reis, une de ses multiples identités rentre à Lisbonne depuis le Brésil suite à son décès. Avec en toile de fond le Portugal des années 30 et la montée du fascisme partout en Europe, Jose Saramago livre une réflexion passionnante, cynique, noire et juste sur la vie, la politique et l’identité. Je n’avais jamais lu un livre avec tel style et j’aime être bousculée dans mes habitudes, loin des sentiers maintes fois empruntés. C’est une lecture lente, qui demande le temps d’être assimilée, vous êtes prévenus. L’histoire m’a moins intéressé que la plume que j’ai trouvé brillante, mais c’est quand même un réel coup de coeur devant autant d’intelligence!

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Romans

« La tresse » De Laetitia Colombani

Résumé: « Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. »

Alors?: Grand succès de la dernière rentrée littéraire, j’attendais avec impatience la sortie de « La tresse » en format poche. J’ai passé un très bon moment de lecture, porté par le destin de ces trois femmes liées sans le savoir. Et c’est ce qui m’a le plus touché dans ce roman, l’idée que nos vies, nos parcours, nos choix, peuvent raisonner à l’autre bout du monde, sans que l’on ne le sache jamais. J’ai été particulièrement touchée par deux des trois héroïnes: très émue par la vie de Smita, Intouchable en Inde, condamnée par sa condition a une vie de cauchemar et qui rêve plus fort que tout, d’instruction pour que sa fille ait une chance, si infime soit elle, d’avoir une vie meilleure que la sienne. J’ai aussi ressenti une forme de familiarité à la vie de Sarah au Canada, qui mène comme une guerrière sa vie d’avocate et de maman, tentant de compartimenter avec dureté les deux, afin être toujours dans la course, toujours performante, quitte à délaisser ses proches et même à en crever. La maladie va la rattraper et Sarah apprendra à ses dépends que dans notre monde il n’y a pas de place pour les affaiblis, et que l’on vaut socialement, que ce que l’on rapporte. L’écriture fluide de Laetitia Colombani sert à merveille son propos à travers le magnifique lien qui unit ces trois femmes. « La tresse » est un récit poignant sur la soif de liberté et de dignité.Born to be a livre

« Le tueur Aveugle » de Margaret Atwood

Résumé: « 1945. Dix jours après la fin de la guerre, Laura Chase se jette d’un pont au volant d’une voiture. Elle laisse à sa soeur aînée Iris, un roman posthume au parfum de souffre, « Le Tueur Aveugle ». Cinquante ans plus tard, Iris égrène ses souvenirs et raconte leur histoire… »

Alors?: Mon deuxième roman de Margaret Atwood après un coup de coeur absolu pour « La servante écarlate », « Le tueur aveugle » m’a demandé un peu de temps pour l’apprécier. Il m’a au premier abord semblé un peu décousu dans sa narration: Margaret Atwood alternant le point de vue d’Iris Chase son héroïne, des coupures de presse de l’époque ainsi que l’histoire de deux amants qui se racontent le « Tueur aveugle »… Tout un programme dont je ne voyais pas très bien le lien de prime abord… En toute franchise je l’ai posé au bout d’une centaine de pages en me disant que j’y reviendrai plus tard quand le moment serait plus propice. Et j’ai finalement donné « sa chance au produit »! Même si il ne s’agit pas d’un coup de coeur, je suis ravie d’avoir persévéré dans cette lecture qui se révèle de plus en plus intéressante au fil des pages malgré des thèmes déjà abordés de nombreuses fois en littérature. On fini par se prendre au jeu de cette saga familiale et historique sur fond de secrets de famille parsemés de cadavres… et l’envie de lever le voile sur ces morts mystérieuses devient plus forte. J’aime le franc parler que l’auteure prête à son personnage principal, teinté d’humour noir, et Margaret Atwood a le don de dresser de superbes portraits de femmes! Quelques longueurs, mais si vous avez le temps au bord d’une plage, vous vous laisserez embarquer facilement.

Born to be a livre

« En finir avec Eddy Bellegueule » d’Edouard Louis

Résumé: « En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. »

Alors?: Un témoignage comme un coup de poing, brut, dur, sans concessions magnifié par des moments de grâce. J’ai découvert Edouard Louis sur France Inter alors qu’il venait présenter son dernier roman. J’ai été bluffé par son discours, son intelligence, son parcours. Dans la même lignée que « Retour à Reims » de Didier Eribon, qui est un de mes livres de chevet, j’ai eu très envie de lire le roman d’Edouard Louis car il aborde des thèmes qui me sont chers dans un milieu et une région que je connais bien. La misère affective, émotionnelle, sociale, la violence qui s’exprime mieux que tout et une certaine vision des genres, codifiés par un manque de culture auquel on ne peut pas avoir accès. La culture sauve, les livres sauvent, les auteurs et les témoignages comme ceux là sauvent. Sauve de soi, des autres, du déterminisme auquel on se croit condamné en laissant peu à peu la honte derrière soi pour prendre son envol.

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Polar

« Back Up » de Paul Colize

Résumé: « Quel rapport entre la mort en 1967 des musiciens du groupe de rock Pearl Harbor et un SDF renversé par une voiture à Bruxelles en 2010 ? Lorsque l’homme se réveille sur un lit d’hôpital, il est victime du Locked-in Syndrome, incapable de bouger et de communiquer. Pour comprendre ce qui lui est arrivé, il tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Des caves enfumées de Paris, Londres et Berlin, où se croisent les Beatles, les Stones, Clapton et les Who, à l’enfer du Vietnam, il se souvient de l’effervescence et de la folie des années 1960, quand tout a commencé… »

Alors?: Classé dans la catégorie Polar voir même Policier, « Back up » est un roman loin, très loin des codes classiques des habitués du genre. J’avais demandé un polar à ma libraire qui puisse me faire vibrer en vacances par son intrigue, loin de la surenchère de sanguinolence qui a la cote. Et elle a visé juste! Plusieurs lignes de temporalité s’entremêlent ici jusqu’au dénouement final: le rock’n’roll hyper référencé des années 60 (avec en prime au début du livre une playlist pour accompagner ou prolonger la lecture), et les souvenirs embrumés par le LSD d’un patient accidenté de la route, coincé sur son lit d’hôpital par un locked-in-syndrome, capable de communiquer uniquement en clignant des paupières… Enquête journalistique, folie paranoïaque, complot ou réalité? « Back up » nous promène de flashbacks en flashbacks au son de la guitare de Chuck Berry, recréant avec brio l’atmosphère des 60’s: sexe, drogues et rock’n roll sur fond politique avec la guerre du Vietnam. J’ai presque eu l’impression de saisir un peu ce que devait être la vie à cette époque grâce à l’écriture de Paul Colize et j’ai lu le roman d’une traite au bord d’une piscine, captivée jusqu’à la fin. Sueurs froides garanties et recherches sur internet à la clé, une fois le roman refermé…

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Essais

« Le Deuxième sexe » de Simone de Beauvoir

Résumé: « Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la « réalité féminine » s’est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l’Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu’il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s’évader de la sphère qui leur a été jusqu’à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain. »

Alors?: Un ouvrage culte sur la place de « l’Autre »: la Femme. Lecture indispensable à mon sens pour comprendre pourquoi être une femme c’est être « l’Autre ». Bien que par moments complexe et très factuel, Simone de Beauvoir reprend dans « Le Deuxième Sexe » depuis le début de « L’Histoire » à travers les mythes et religions, ainsi que par la biologie et la littérature, le fil qui a conduit à une société patriarcale normalisée et acceptée par le plus grands nombre y compris de nombreuses femmes. Bien que n’adhérant pas à tout son propos, cet ouvrage propose des pistes de réflexions essentielles. On peut se consoler brièvement en se disant que le sort des femmes a évolué de façon globale vers plus d’équité, mais il est effrayant de constater que bien que paru en 1949, de nombreuses problématiques restent encore d’actualité. Un livre à mettre bien évidemment dans les mains de toutes les femmes pour réfléchir, se questionner et poser les fondements d’une société plus juste dans laquelle évoluer…

Voilà c’est déjà la fin de notre troisième rendez-vous Born to be a Livre, j’espère que vous y avez trouvé votre bonheur! Je vous souhaite un superbe été rempli de lectures enrichissantes, et je vous donne rendez-vous en septembre pour une rentrée littéraire alternative 😉

NB: Pour encore plus d’inspiration lecture, rendez vous ici et !

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